... ces objectifs n'ont classiquement pas de diaphragme et par formule optique, on peut considérer que ce sont des objectifs très ouverts. D'ailleurs, fermer un diaphragme ne ferait que dégrader les qualités optiques de l'objectif. C'est un compromis... fermer le diaphragme permet de récupérer un peu de contraste et augmente la profondeur de champ - le premier paramètre est souvent lié au prix que vous mettrez dans l'achat de votre objectif (on ajoute la planéité du champ, les aberrations chromatiques, les traitements des lentilles, le côté plus ou moins neuf...), la pdc est dramatiquement faible nativement avec un objectif de microscope et à ces rapports macro.
A moins d'être un artiste qui gère le minimalisme, le flou, le bokeh, pour prendre votre sujet il faudra passer à la zédification (focus-stacking).
On augmente la profondeur de champ en multipliant les clichés (on fait une "pile" = stack), en décalant la mise au point entre chaque prise de vue. Un logiciel : Helicon Focus, Zerene Stacker (les deux sont payants), CombineZ (gratuit, pour PC)... se charge d'assembler les zones nettes.
Divers calculs disent qu'il faut un pas de 40 micromètres entre pdv au rapport 4x et 6 micromètres au rapport 10x.
(les détails des calculs sont donnés en annexes dans "La macrophotographie au-delà du rapport 1")

Dans ce billet, vous aurez de nombreuses références de platines permettant de déplacer le sujet ou l'appareil photo avec des pas de l'ordre du micromètre.
Maintenant, quoi en faire ?

Un premier montage.
platine-micro-horizontale-small.jpg

On voit une platine poussée par un micromètre. Un petit coup de wiki pour voir comment ça marche.
J'ai placé un bloc de mousse styrodur et ça me sert de support.
La platine est "collée" à la table via de la patafix.

Une vue par au-dessus montre la distance de travail entre le sujet et la lentille frontale de l'objectif. Ici, avec un Lomo 3,7x, elle est confortable. Sur la photo précédente, même si c'est flou, on voit qu'avec un 10x basique, cette distance est bien plus faible. Cette image montre aussi une problématique liées aux déplacements. platine-micro-lomo-fleche-small.jpg

Les deux flèches montrent les sens relatifs de déplacement, de la platine (du sujet) et du système de prise de vue. Si les axes ne sont pas parallèles alors il y aura un décalage en X ou Y entre chaque prise de vue et ça finira par poser des problèmes aux logiciels de stacking. Disons que si vous mettez le boîtier sur la platine, le problème est réglé... mais on peut se dire qu'un boîtier qui se déplace, ça n'est pas un gage de stabilité. Encore une fois, c'est un compromis. Les heureux utilisateurs du stackshot ou du wemacro (rails automatisés) mettent en général leur boîtier sur la platine.
Il faut être un peu bricoleur pour fixer un boîtier sur une platine.
(à noter que sur la photo suivante, la platine ne fonctionne que dans seul sens, elle est poussée, le ressort de rappel étant bien trop faible pour ramener tout le matériel en position initiale)

bloc-map-horizontale-small.jpg

Vous pouvez aussi utiliser la vis micrométrique d'un microscope.
Si cette vis est à côté de la molette macrométrique, il y a de très grandes chances que la course de mise au point micrométrique soit très limitée.
Par exemple, avec ce vieux microscope (machine de réforme dans mon lycée), ça ne va pas dépasser le millimètre.

micro-optico-texte-small.jpg

Si vos besoins de profondeur de champ dépasse ce millimètre - au 4x, ça arrive assez souvent - alors il faudra procéder en plusieurs piles avec réarmement de la vis micrométrique (rembobiner), décaler la mise au moins avec la molette macro. C'est très fastidieux et ça fait faire des photos en plus... j'ai commencé comme ça, à genou par terre (et quasiment en apnée car mon système était sur parquet - impossible de changer de position le temps de faire la pile).
Dommage, ça peut faire un ensemble assez stable du fait de sa masse.

micro-micro-small.jpg

Personnellement, j'ai surtout développé des systèmes verticaux.
Une platine de microscope (décapitée ou pas), disons le microscope sur lequel j'ai récupéré les objectifs 4x et 10x du billet (1) et le boîtier positionné au-dessus au moyen d'un trépied.
Si l'appareil est bien à la verticale, on n'a pas de problème de déplacement en X et/ou Y le temps de faire la pile.

statif-vertical-small.jpg

Ce statif de microscope, un Olympus CHC chiné à 50 euros sur le bon coin, dispose d'une molette micrométrique coaxiale avec un déplacement "infini".

micro-chc-small.jpg

Avec ce dispositif, j'ai fait rapidement une pile de 200 images, sur le dessus de la tête d'une guêpe.
(bon, les vues par dessus ne sont pas des plus pratiques pour certains sujets)

tete-guepe-10x-200img-vertical-small.jpg

Ca a demandé quelques retouches... capteur sale, balance de blanc pas terrible, le piqué est quand même très correct.
Il faudra qu'on discute des sources d'éclairage.