Nous avons vu comment inverser un objectif "classique" et quel effet intéressant ça pouvait apporter quand aux rapports macros obtenus.
Ces objectifs ont été mis au bout de soufflets pour obtenir des rapports importants, mais ils souffrent quand même d'un défaut : ils ont une mise au point variable si bien qu'il n'y a pas de position idéale. Il y a toujours un groupe de lentilles déplacé par un autre, un biais dans le trajet optique.
Nous verrons quelques objectifs dessinés spécialement pour la macro au bout d'un soufflet, mais la plupart du temps ceux-ci sont onéreux car rares et les prix atteints sont parfois assez délirants (des centaines d'euros pour des antiquités, avec des traitements optiques plus ou moins présents, performants.
Je vous propose dans ce billet de découvrir une alternative à ces optiques fixes, mais en dix fois moins cher, les objectifs d'agrandisseur.

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Il est préférable de l'utiliser en inversé... il n'est pas toujours évident de trouver des bagues pour faire cette inversion, il faut de temps en temps passer par la combinaison de deux bagues. Les diamètres de vissage sont parfois exotiques et parfois même, il n'y a pas de pas de vis pour filtre en avant de l'objectif. Néanmoins, ces objectifs sont utilisables dans le "bon sens", avec souvent un vissant standard de 39 mm. Quelques essais montrent que parfois, les différences de performances sont minimes dans un sens ou l'autre.
A l'occasion, je ferai un test comparatif des quatre objectifs de 50 mm ci-dessus. Le Focotar n'a pas de filetage pour un filtre et pour l'inversion ça ne sera pas facile. A suivre...
(quatre fameux objectifs, j'ai eu aussi un Apo Rodagon 50 f/2,8, revendu car il avait des performances similaires au Nikkor EL 50 - des sommes importantes au temps de l'argentique roi... bien moins actuellement sur ebay ou sur le bon coin)
On peut le mettre directement sur les boitiers, mais on se retrouve avec la même problématique qu'avec mes débuts au 24 mm inversé. Un seul rapport macro, une seule largeur de cadre... si le contrôle du diaphragme est aisé, on reste aussi à ouverture réelle. Il faudra absolument que je montre des solutions pour des "lampes pilotes".
Si vous voulez une certaine souplesse dans le cadrage, il faut pouvoir changer le tirage. Il existe une solution élégante, moins lourde que le soufflet : le "macro focusing helicoidal tube" (requête sur ebay)

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Il existe plusieurs ranges de tirage. Celui que j'utilise est un 35/90 mm. Ca se monte via un vissage en M42.

Pour vous faire une idée des distances de travail, des rapports obtenus, avec un 50 mm et un 28 mm, voici deux images.

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Vous avez bien lu : en commençant à 35 mm de tirage avec un 50 inversé, nous sommes à 1,4x et quand on met un 28 mm, avec 90 mm de tirage, on arrive à un rapport de 4,9x.
Pour 150 euros, sans trop s'acharner sur les offres, on arrive à un équivalent de MP-E 65. En un peu moins pratique, mais en moins encombrant et aux performances optiques similaires... à condition de prendre un bon 50 mm(1) et de trouver un 28 mm(2)

Pour vous faire une idée de ce que ça donne, en lumière naturelle, sans stacking... avec un mini sujet, une larve toute fraiche éclose de Mante (au 28 mm inversé).

componon28inverse.jpg

Il existe d'autres focales, d'autres références. Je les réserve pour un autre billet.

(1) pour un bon 50 mm, je mettrai en 1 le Meopta Meogon, en 2 le Componon S, en 3 l'Apo Rodagon et en 4 l'EL Nikkor f/2,8 série N et quand on sait que ce dernier a une très bonne réputation, je me dis qu'il faut absolument que je teste tout ça, tout en sachant que le Focotar peut réserver de belles surprises (mais cet objectif commence à dater... réputé, mais pour le traitement des lentilles, on est au moyen-âge)
(2) les 28 mm sont difficiles à trouver. Schneider Kreuznach a sorti quelques Componon, Rodenstock aussi.