28 fév. 2017

Islande 2017 - 01

Ce pays, cette île, est dans mon imaginaire depuis des années (enfance) et ça a été mon premier voyage (19 ans, sac au dos), puis il y a quelques années, j'y suis retourné avec ma petite famille, en voiture depuis la France... de belles aventures, dans un pays sauvage, aux paysages et aux lumières qui peuvent être sublimes.
En décembre, j'ai suggéré à ma chère et tendre de nous mettre en stand-by pendant les vacances de février, de guetter les probabilités de voir des aurores boréales - voir ce site - et prendre un vol au dernier moment (et louer une voiture, trouver un hébergement... ce qui n'est pas forcément facile, mais avec internet, le champ des possibles est élargi) pour aller s'en mettre plein les mirettes.
Pas de réaction... et puis, à mon anniversaire, fin décembre, je découvre une enveloppe avec tout plein de réservations pour l'Islande et la première semaine de nos vacances (Odile a organisé tout ça, en octobre et je n'ai rien vu).
Dont acte, nous y allons et on croisera les doigts pour les aurores soient là, qu'elles soient visibles et si en plus on a un peu de neige, des étendues de glace, ça sera top... sinon, on aura au moins changé d'air et puis on sera ensemble et ça, j'aime bien aussi.
Nous sommes partis lundi dernier avec pas mal de matos contre le froid et pas mal de matos pour la photo mais avec une certaine appréhension pour cause de météo annoncée comme pas fameuse.
A l'arrivée, en survolant la côte Sud (où nous allons faire un long aller-retour), nous voyons qu'il n'y a pas de neige.
A la sortie de l'avion, il fait froid et il y a beaucoup de vent.
Nous récupérons notre voiture, une Renault Kadjar (un SUV, équipé de quatre pneumatiques à clous... obligatoires pendant l'hiver en Islande... et ça ne sera pas superflu) et nous passons une première nuit à Reykjavik après une petite boucle dans la péninsule de Reykjane.

La zone est très active d'un point de vue géothermique.

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Premières photos dans des conditions déjà dantesques.

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Le grésil qui fouette le paysage empêche de faire des photos face au vent (encore heureux que les boîtiers sont "tropicalisés"... mais des gouttes sur les filtres et autres lentilles frontales, ça se voit...)
De plus, en m'approchant un peu trop, j'ai fini aspergé par une vague plus énorme que les autres, limite vicieuse. Bref, ça commence bien...

Le mardi, nous prenons la route pour l'Est. Dès la sortie de Reykjavik, c'est l'enfer... je crois que le mot "blizzard" colle avec ce que ne nous avons eu. Un gros vent, latéral par rapport à la route, avec de la neige soufflée à l'horizontale, une vue limitée à quelques mètres... et des convois de (mini)bus et autres 4x4 géants, remplis de touristes, qui foncent. Comme les routes islandaises sont surélevées (ce qui évite des accumulations de neige) avec de grandes pentes de chaque côté, une sortie de route peut se solder par plusieurs tonneaux... nous roulerons doucement et après quelques dizaines de km, la situation s'améliore un peu.

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Des Poneys, il y en a partout... ils restent dehors, même quand les conditions météo sont horribles. A cette période de l'année, ce sont de vraies peluches... au cul blanc de neige (ils tournent le dos au vent).

Nous arrivons à Geysir. Le Strokkur est bien actif (une explosion par quart d'heure) mais le site est bondé de monde.

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Ca n'est pas très agréable.
En lisant un guide nous apprenons qu'en 1985 (date de mon premier voyage), il y avait 5000 français qui se rendaient en Islande, par an... lors de notre voyage en famille, il y en avait 5 fois plus... maintenant, il y a plus d'un million de touristes qui se retrouvent forcément, de jour, dans les quelques sites remarquables de l'Islande. Ca fait beaucoup, trop... et encore, nous sommes loin de l'été... ça doit être horrible.

A côté de Geysir, se trouve la célèbre cascade de Gulfoss.

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Nous quittons les plateaux pour redescendre par une jolie petite route (la "30", avec peu de monde) vers la mer.
Nous passons par Seljalandsfoss, une belle cascade dont la configuration permet de passer derrière... en étant bien couvert (et hop, encore une saucée)

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Et puis... la météo se dégage, nous verrons le Soleil mais le vent restera infernal.
Un stop à Dyrhólaey, une mer aussi démontée que la veille.

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Un stop côté Est des falaises de Vik (et encore une fois un monde fou qui s'agglutine devant les orgues de basalte, qui traine sur la plage de sable/galets noirs)

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et ça se termine par...

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... et mes chaussures ne sécheront pas avant notre retour... j'avais heureusement prévu une paire de rechange (ce modèle, pas trop cher, assez chaud mais là non plus, ça ne résiste pas à l'immersion en mer...)

En contournant le promontoir que constitue les falaises de Vik, nous aurons droit à une super lumière.

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Nous arriverons à "Hörgsland Cottages" de nuit, l'endroit est sympathique et nous allons nous préparer à voir nos premières aurores boréales. D'après le site cité au début de ce billet, il y a une petite fenêtre d'observation vers 1h du matin (ciel quasi dégagé et activité de niveau "3")...
Ca sera pour un prochain billet (et pour des raisons de chronologie, il va falloir que je modifie la date de publication de ce premier billet pour qu'il apparaisse avant le "02")

27 fév. 2017

Islande 2017 - 02

Un des buts du voyage était de voir (et si possible de photographier) des aurores boréales.
Nous mettons notre réveil à 1h. Pour une fois, Odile est la plus prompte à se lever et après un petit tour dehors, elle m'annonce qu'elle voit bien du vert dans le ciel.
Allez, on s'habille, on prend la voiture pour trouver un coin dégagé (mais avec un peu de relief à mettre dans le cadre). Ca sera au bord de la route faute d'avoir pu repérer à l'avance (nous sommes arrivés de nuit).
Juste une ou deux images... je vais essayer de faire un montage avec ce qui a été pris durant l'heure que nous avons passée dehors, mais j'ai eu des problèmes de batteries et la séance a tourné court, malheureusement (mais de toutes façons, l'aurore a sérieusement baissée d'intensité et le ciel s'est de plus en plus voilé).
De cette première séance, je perçois des moyens d'améliorer la qualité des images, mais là, le ciel était vraiment noir et 15s, 3200 isos (objectif 14 mm à f/4), ça ne rend pas très bien. Les aurores forment de voiles mobiles, une pause longue ne leur rend pas hommage (quand à monter plus en sensibilité et on se retrouve avec un grain ingérable)

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(un "selfie" en deux prises et un éclairage à la frontale)

Nous partons nous recoucher et quelques heures plus tard, surprise...

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... entre 10 et 15 cm de neige, une visibilité limitée et une longue route à faire, en devinant à peine son tracé.
Quelques km plus loin, un secteur sans neige. Je n'avais jamais connu ça. En quelques minutes ou quelques km, on passe d'un éventuel soleil à une zone de blizzard et de la neige qui tombe à l'horizontale.

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La location d'un "gros" SUV (qui n'est pas le plus adapté aux pistes du centre de l'Islande et les franchissements de gués) revient à une centaine d'euros par jour mais nous avons bien fait car avec juste deux roues motrices (à moins d'être islandais... nous avons été doublés par des voitures normales), je ne pense pas que nous aurons pu sortir du gite et aller aussi loin à l'Est.

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(pano en taille originale - ICI)

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Nous faisons une petite halte au Parc National de Skaftafell, une zone coincée entre deux langues du Vatnajokull (un inlandsis grand comme la Corse)

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(la célèbre Svartifoss qui coule sur des orgues de basalte - on ne peut plus s'y rendre au pied, on doit la voir depuis un aménagement)

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En voiture nous irons au bord d'une langue glaciaire, la (le ?) Svinafelljokull, avec encore une fois beaucoup de monde et un ciel couvert.
(bon, je vais prélever quelques cailloux - on verra ce que ça donne en lame et par ailleurs je pense qu'il y a quelques microminéraux à identifier, prendre en photo)

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Nous reprenons la route pour le Jokulsarlon. De nouveau, la météo se gâte. Sur place, sortir de la voiture révèle de l'exploit.
Tous les icebergs du lac sont coincés dans un coin.

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Entre le Jokulsarlon et la plage aux glaçons échoués, je verrai des Phoques, des Eiders et des Bruants des neiges, mais impossible de s'arrêter pour faire des photos.
Sur la plage, toute image se solde par ce genre de "fail"

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En insistant un peu, j'arrive à une photo potable, mais nous sommes loin du potentiel du coin.

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La dernière partie du trajet se fera à l'heure bleue (mais dans un ciel ennuagé), avec une fin à Hofn.
D'un monochrome bleu acier, je propose une photo noir&blanc (Silver Effex)

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26 fév. 2017

Islande 2017 - 03

Les deux jours restants ont été plombés par une météo dans la continuité des pire moments des deux premières journées (même si de nouveau à Vik, on entreverra le soleil).
Pour vous faire une idée, j'ai compilé des petites vidéos faites au smartphone par Odile (vite fait, à l'arrache).



Nous revenons sur nos pas.

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(toutes les islandaises ne sont pas blondes)

A Jokulsarlon c'est encore pire que la veille.
Petit à petit, la météo se dégage. Nous aurons droit à un joli paysage enneigé et une route sur laquelle on a eu du mal à tenir debout tant elle était glissante (mais visiblement, les pneus cloutés, ça tient)

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A Vik et à Dyrhólaey nous ferons de nouveau un stop avec une belle lumière de couchant.

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... et nous aurons même le loisir de voir quelques couples de Pétrel en train de s'installer.

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Nous passons la nuit à Selfoss. Normalement, vers 23h, on a de nouveau une possibilité d'observation d'aurore (plus active mais météo plus couverte) et on va se rater d'au moins une heure.
Avec les nuages et la pollution lumineuse des environs (l'Ouest est bien plus peuplé et nous sommes à une quarantaine de km de la capitale), ça ne fera pas chouette en photo.

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(en partant du NEF et avec pas mal de retouches colorimétriques - les JPG directs du boîtier sont immontrables)

Le lendemain, après quelques kilomètres nous resterons bloqués dans un mini-centre commercial à Hveragerði. Les routes qui nous ramènent plus à l'Ouest sont fermées pour cause de rafales de vent dépassant les 150 km/h (avec parfois de la neige en plus).

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Nous allons tourner en rond dans cette petite ville peuplée de serres plus ou moins en état de marche (quelques plantes exotiques, des fraises mais point de banane)

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A un moment, la route du Sud s'ouvrant, nous partons vers Reykjane en espérant que ça se dégagera pour nous rendre à Keflavik (ville à côté de l'aéroport international - fin du voyage)

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En fin d'après-midi, nous faisons un détour en espérant aller nous baigner au "Blue Lagoon", mais n'ayant pas réservé, nous nous ferons jeter comme des malpropres.

De retour à la maison le lendemain, nous verrons qu'une semaine plus tard, les conditions d'observation auraient pu être bien meilleures...

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... tant pis, ça n'est que partie remise... au moins nous aurons vécus des moments très forts en nous battant contre une météo inimaginable, de quoi rendre modeste.

12 fév. 2017

Un autochrome

Il y a quelques mois, Jacques Revon m'a contacté pour faire un petit travail de microscopie autour d'une technique photographique ancienne, la couleur avant la couleur, à savoir les autochromes des frères Lumière.
Ne je vais pas m'étaler sur la technique mais je vais donner quelques indications.
En gros, devant une couche panchromatique (noir et blanc), de la fécule de pomme de terre (des grains d'amidon), avec trois couleurs pour les grains (trichromie).
Je vous invite à visiter ce superbe site qui détaille tout : http://www.autochromes.culture.fr/

Le but de la manip était donc de voir les fameux grains.
J'ai vu passer plusieurs exemplaires, différentes techniques et après tout un ensemble de clichés, Jacques est reparti avec de quoi faire une conférence sur le sujet et il m'a laissé une épreuve pour que je puisse en tirer un ou deux panos.
Enfin... comme d'habitude, ça m'a pris plus de temps que prévu et je ne peux pas dire qu'au final, le résultat est super (un problème de planéité du film).
Il est toutefois intéressant... il nous replonge plus d'un siècle en arrière.

Voici donc l'image en question (j'imagine une photo prise dans nos ex-colonies du Maghreb...). Une seule prise de vue, au 60 micro-Nikkor

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Si on fait un crop et une vue à 100% sur une portion de l'image, ça donne.

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On devine le grain... ces images étaient destinées à être vues avec une "visionneuse" ou par transparence ou encore avec un projecteur... il serait intéressant de voir ce que pouvait donner ce dernier procédé.
Le flou est quasi obligatoire sur des sujets vivants car les temps de pause avoisinent la seconde (normal, il faut traverser la fécule)

Passons maintenant à la macro au-delà du rapport 1. Un Componon 50 inversé au bout d'un soufflet et un Sony NEX 5N en guise de photoscope.
Comme le document est assez grand, il m'a fallu faire un panorama multirang (111 images).

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Un crop à 100%

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Et au microscope ?
Avec un objectif de 4x, un projectif de 2,5x (et la rehausse du DIC qui fait du 1,25x en plus), il m'a fallu 224 images pour couvrir la dame assise sur le banc.
Couvrir tout l'autochrome aurait sans doute été possible, mais bien que je l'aie coincé entre deux verres, ça n'était pas assez plan et alors il aurait fallu avoir recours à la zédification... mouais... je dois quand même penser à économiser l'appareil photo utilisé (un Canon EOS 550D).

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Le fichier assemblé est colossal (3,8 Gigapixels), il a donc fallu que je le réduise à 35% pour pouvoir le passer sur Photoshop

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Un crop à 100% montre enfin les grains d'amidon (fécule écrasée - j'ai bien du mal à reconnaître des grains d'amidon de pomme de terre), leurs couleurs ainsi que le liant contenant une poudre de charbon (pour le noir).

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(coupe transversale réalisée dans une pomme de terre de type "roseval")

Autrement, je peux vous proposer une vue avec un objectif de 10x, mais à un autre endroit de l'autochrome.

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J'ai rencontré pas mal de difficultés pour aller au coeur de "l'émulsion" et je ne suis pas sûr qu'une zédification aurait amélioré les choses.
En tout cas, même si au microscope le procédé parait grossier, il est assez génial et imaginer qu'entre les deux guerres, des gens ont parcouru le monde pour photographier en couleurs des gens, des paysages, des villes de cette époque, ça donne envie d'en savoir plus.
Deux musées seraient à visiter : L'Institut Lumière, à Lyon et le Musée Albert Khan, à "Paris" (Hauts de Seine)

7 janv. 2017

Clin d'oeil à Thomas Pesquet

Point n'est nécessaire de se satelliser autour de la Terre...

... pour voir le Monde.

Lors de l'après-midi organisé par "Reflets sauvages", j'ai revu un jeune homme rencontré à Reg'Arts Nature (et de nouveau à Montier). Il m'a montré une photo de Thomas Pesquet, notre spationaute du moment qui fait le buzz sur Facebook avec son aventure spatiale et ses photos prises de l'ISS (un rêve, hein...);
Voici cette image (il faut que je demande l'autorisation de publier... je n'ai pas facebook) :

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En 2014, j'avais commis ça... une "petite macro" sur de la peau de Melon.

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Merci pour le coup d'oeil.

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