12 fév. 2017

Un autochrome

Il y a quelques mois, Jacques Revon m'a contacté pour faire un petit travail de microscopie autour d'une technique photographique ancienne, la couleur avant la couleur, à savoir les autochromes des frères Lumière.
Ne je vais pas m'étaler sur la technique mais je vais donner quelques indications.
En gros, devant une couche panchromatique (noir et blanc), de la fécule de pomme de terre (des grains d'amidon), avec trois couleurs pour les grains (trichromie).
Je vous invite à visiter ce superbe site qui détaille tout : http://www.autochromes.culture.fr/

Le but de la manip était donc de voir les fameux grains.
J'ai vu passer plusieurs exemplaires, différentes techniques et après tout un ensemble de clichés, Jacques est reparti avec de quoi faire une conférence sur le sujet et il m'a laissé une épreuve pour que je puisse en tirer un ou deux panos.
Enfin... comme d'habitude, ça m'a pris plus de temps que prévu et je ne peux pas dire qu'au final, le résultat est super (un problème de planéité du film).
Il est toutefois intéressant... il nous replonge plus d'un siècle en arrière.

Voici donc l'image en question (j'imagine une photo prise dans nos ex-colonies du Maghreb...). Une seule prise de vue, au 60 micro-Nikkor

vue-brute01-small.jpg

Si on fait un crop et une vue à 100% sur une portion de l'image, ça donne.

vue-brute01-crop.jpg

On devine le grain... ces images étaient destinées à être vues avec une "visionneuse" ou par transparence ou encore avec un projecteur... il serait intéressant de voir ce que pouvait donner ce dernier procédé.
Le flou est quasi obligatoire sur des sujets vivants car les temps de pause avoisinent la seconde (normal, il faut traverser la fécule)

Passons maintenant à la macro au-delà du rapport 1. Un Componon 50 inversé au bout d'un soufflet et un Sony NEX 5N en guise de photoscope.
Comme le document est assez grand, il m'a fallu faire un panorama multirang (111 images).

componon-Sony-111_images-small.jpg

Un crop à 100%

componon-Sony-111_images-crop.jpg

Et au microscope ?
Avec un objectif de 4x, un projectif de 2,5x (et la rehausse du DIC qui fait du 1,25x en plus), il m'a fallu 224 images pour couvrir la dame assise sur le banc.
Couvrir tout l'autochrome aurait sans doute été possible, mais bien que je l'aie coincé entre deux verres, ça n'était pas assez plan et alors il aurait fallu avoir recours à la zédification... mouais... je dois quand même penser à économiser l'appareil photo utilisé (un Canon EOS 550D).

4x-224_images-essai02-small.jpg

Le fichier assemblé est colossal (3,8 Gigapixels), il a donc fallu que je le réduise à 35% pour pouvoir le passer sur Photoshop

cap.png

Un crop à 100% montre enfin les grains d'amidon (fécule écrasée - j'ai bien du mal à reconnaître des grains d'amidon de pomme de terre), leurs couleurs ainsi que le liant contenant une poudre de charbon (pour le noir).

crop-canon-4x.jpg

6871686581_1017885bcb_b.jpeg
(coupe transversale réalisée dans une pomme de terre de type "roseval")

Autrement, je peux vous proposer une vue avec un objectif de 10x, mais à un autre endroit de l'autochrome.

crop-canon-10x.jpg

J'ai rencontré pas mal de difficultés pour aller au coeur de "l'émulsion" et je ne suis pas sûr qu'une zédification aurait amélioré les choses.
En tout cas, même si au microscope le procédé parait grossier, il est assez génial et imaginer qu'entre les deux guerres, des gens ont parcouru le monde pour photographier en couleurs des gens, des paysages, des villes de cette époque, ça donne envie d'en savoir plus.
Deux musées seraient à visiter : L'Institut Lumière, à Lyon et le Musée Albert Khan, à "Paris" (Hauts de Seine)

7 janv. 2017

Clin d'oeil à Thomas Pesquet

Point n'est nécessaire de se satelliser autour de la Terre...

... pour voir le Monde.

Lors de l'après-midi organisé par "Reflets sauvages", j'ai revu un jeune homme rencontré à Reg'Arts Nature (et de nouveau à Montier). Il m'a montré une photo de Thomas Pesquet, notre spationaute du moment qui fait le buzz sur Facebook avec son aventure spatiale et ses photos prises de l'ISS (un rêve, hein...);
Voici cette image (il faut que je demande l'autorisation de publier... je n'ai pas facebook) :

sahara-thomas-pesquet.jpg

En 2014, j'avais commis ça... une "petite macro" sur de la peau de Melon.

melon.jpg



Merci pour le coup d'oeil.

1 janv. 2017

2017

carte2017.jpg

En version animée : ICI
(il va falloir que je me mette à jour... Flash, c'est has-been)

22 déc. 2016

Fin 2016

Malgré quelques mauvaises nouvelles qui nous parviennent de par le Monde, je vous souhaite sincèrement de...

bicarbonate-fetes.jpg

18 déc. 2016

Brute

Quand la photo rencontre la musique, encore une rencontre sympathique du web.

Il y a quelques semaines, par le biais du forum national de SVT, un certain "clementhuetpro" m'a contacté pour me demander si je pouvais lui envoyer deux ou trois images qu'il avait repérées dans un fil sur la microscopie.
Lien vers les images en question.
Alors bien sûr, nous avons échangés autour de ces photos et il s'est avéré que Clément et son acolyte (le groupe "Brute") étaient à la recherche de visuels pour des morceaux de musique (jaquettes ?).
Visiblement, le fluo du contraste interférentiel et celui de la lumière polarisée/analysée, correspond à leur vision de leur univers musical.

Et voilà... mon nom apparait dans leur site de partage de musique (soundcloud). Brute -> La brêche

Capture_d_e_cran_2016-11-26_a__13.47.01.png
(le visuel a changé depuis... mais j'aime bien voir leur trombine)

Capture_d_e_cran_2016-12-18_a__12.28.18.png

Leur musique n'est pas évidente à classer, mais elle me fait penser à Wax Taylor (que j'ai eu la chance de voir à Lyon alors qu'il était accompagné d'un orchestre symphonique), à du Sebastien Schuller ou d'autres groupes de trip-hop (Portishead, Massive Attack... mais ma culture musicale est bien limitée) - serait-ce de l'ambient ? (sans le new-age)
Enfin, ça m'a ramené aux sons de ma jeunesse et sur Deezer, je suis tombé sur un live que j'aurais bien voulu vivre : Dazzle ships (et c'est là que j'ai appris qu'OMD était encore vivant... après toutes ces années, ça fait un choc - lol)

Tant qu'à faire, Clément m'a poussé à animer mon travail...
En fait, les cristallisations de vanilline l'intéressaient beaucoup et il m'a demandé si ça pouvait se faire en clip vidéo.
Oui, ça peut se faire et mes photoscopes sont capables de filmer en HD (et en empruntant le Lumix G7 de Robin, j'ai même fait quelques essais en 4K). Juste que je ne suis pas vidéaste et que pour le moment, entre mes photos/panos au microscope et les vidéos que je peux faire, je suis super déçu. Au-delà du souci du contrôle de l'exposition, je trouve que le focus est quasi impossible à rendre correct, sans parler des "mouvements de caméra" (déplacement de la platine, en fait).
J'ai envoyé pas mal de rushes, à eux de voir ce qu'ils vont en faire. De mon côté, j'ai sorti un ou deux clips à usage pédagogique (nous pouvons faire ça avec nos élèves, en géologie pour montrer la genèse de cristaux ou pas, selon la vitesse de refroidissement)


Depuis, c'est le souk (encore plus que d'habitude) dans mon "atelier". J'ai des tonnes de lames en souffrance... Effectivement, quasiment à chaque essai, le résultat final donne un véritable tableau psychédélique à traiter en pano et donc j'ai pris du retard dans nombre d'autres projets.

coin02-stack0ret-small.jpg
(affaire à suivre, donc... à ce qu'il parait, ils peuvent "filmer" à l'intérieur de ce genre de pano XXXL)

Au fil de nos échanges, il s'est avéré qu'ils cherchaient aussi des time-laps. Ca tombait bien puisque après quelques années à murir le projet (encore un...), la découverte au rayon électricité de mon magasin de bricolage favori, d'ampoules surpuissantes à LED, de 4000K (75 W restitués pour une conso inférieure à 15 W), m'avait relancé sur cette idée de suivi de phénomènes biologiques lents que l'on prend image par image. En effet, avec ce genre d'ampoule on peut envisager de procéder en lumière continue (on ne se soucie plus des différences de luminosité liées à la course du soleil et les nuits peuvent être programmées au temporisateur.... mais là, les intervallomètres de mes boîtiers ne pourront pas suivre)
J'ai squatté la chambre d'un de mes fistons pour en faire un studio time-laps et j'ai immobilisé mon Nikon One pour une durée indéterminée - finalement, il est super ce petit boitier : on programme l'intervallomètre et si le temps entre chaque photo est important, il se met en sommeil puis il se réveille quelques secondes avant de prendre l'image suivante... bien sûr, il est banché sur le secteur (adaptateur chinois pour moins de 20 euros) et les ampoules sont restées allumées en permanence.
J'ai fait deux ou trois clips : des trucs sur des germinations de radis (mais en ajoutant de l'eau à chaque fois le support s'est déformé), une éclosion de fleur de Lys (des soucis de scintillement -> exposition à revoir), mais pour le moment, ma plus grosse "réussite" porte sur un Phalaenopsis.



Voilà... c'est en cours.
mais pourquoi donc ?
Ils ont l'intention d'en faire des visuels pour une projection sur scène.
Leur prochain concert est programmé pour le 10 février, à Angers.
On verra bien...

Ce qu'il y a de sûr, c'est que cette rencontre m'a ouvert à d'autres façons de voir la photo (ou du moins ça m'a boosté pour certains projets en sommeil), mais que pour le moment, je suis loin d'avoir résolu nombre de problèmes (surtout que ce sont des processus dont on ne contrôle pas la durée - mon dernier "clip" en date ne verra sans doute pas le jour - plus de 15 jours à clicher pour arriver à un résultat décevant, ça peut décourager, surtout que les fins d'années civiles, quand on est enseignant, sont bien chargées).
En cours, un autre genre de time-laps/films, mais là, quand ça donnera quelque chose, je vous en parlerai dans un autre billet.

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